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Tu ne crois pas pouvoir dire que tu as aimé Te quiero, qui t'as laissé un peu dubitatif, qui ne t'as pas vraiment parlé. Toutefois, il y a dans les deux textes qui y sont réunis, et qui se font écho, quelque chose de particulier (postmoderne ou surréaliste ou autre chose de non identifié), d'intéressant, mis sur le papier avec une précision impressionnante, qui te donne envie de laisser une autre chance à J.P. Zooey, si d'aventure un éditeur français (Asphalte peut-être) s'avisait de publier un autre ouvrage que l'auteur a signé.

Te quiero (Te quiero), J.P. Zooey (2014), traduit de l'espagnol par Margot Nguyen Béraud, Asphalte, avril 2016, 144 pages, 15€


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Quel fan de science-fiction ne connaît pas Iain Banks et son Cycle de la Culture ? Un chant de pierre, autre roman de cet auteur, vaguement SF (l'action se situe dans un futur proche), ne s'y inclue pas, mais prouve à une toute autre échelle, pas celle de l'opéra, mais davantage du théâtre, l'immense talent que possédait cet écrivain écossais. Le texte est à la fois juste, sensible, trouble et, parfois, révoltant. Difficile de ne rien ressentir (attachement ? Haine ? Dégoût ? Pitié ?) pour les différents personnages de ce drame éprouvant, mais sublime. 

Un chant de pierre (A Song of Stone), Iain Banks (1997), traduit de l'anglais par Anne-Sylvie Homassel, L'Œil d'or, mars 2016, 224 pages, 17€


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Après ses deux précédents et excellents romans, Soudain trop tard et N'appelle pas à la maison, Asphalte édite encore Carlos Zanón, et tant mieux. Ce nouvel ouvrage explore les aspects les plus obscures de Barcelone et de ses environs. L'auteur espagnol livre une fois encore un polar très sombre et percutant, sans concession ; une histoire de rédemption qui ne se passe pas comme prévue, semée d'embûches ; un récit impeccablement mené sur le rock n' roll, la drogue, les espoirs déçus. Ne pas passer à côté !

J'ai été Johnny Thunders (Yo fui Johnny Thunders), Carlos Zanón (2014), Asphalte, Fiction, mars 2016, 321 pages, 22€


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Don Carpenter était un grand écrivain, injustement méconnu de son vivant et encore aujourd'hui. Un dernier verre au bar sans nom n'est peut-être pas son meilleur roman. Il possède toutefois la sensibilité et la justesse qui caractérisent son Œuvre. Le lecteur y trouve les obsessions de Carpenter : l'écriture, les écrivains, Hollywood, l'alcool... Les ingrédients de drames et de belles pages de littérature pour les amateurs des lettres américaines. 

Un dernier verre au bar sans nom (Fridays at Enrico's), Don Carpenter (1993), traduit de l'anglais par Céline Leroy, Cambourakis, Literature, mars 2016, 384 pages, 24€


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Le sujet de ce roman paraissait intéressant (la crise et ses acteurs, dont les malversations se sont retournés contre eux-mêmes). Toutefois, Mathieu Larnaudie, dont tu apprécies habituellement les livres, passe à côté. D'abord en raison de l'approche du thème, qui s'avère par moment limite, victimisant les salopards responsables. Ensuite, par l'écriture lourde et pesante. Tu n'as pas compris ce que ce style excessif apporte, ici, au traitement du sujet. Il permet, par contre, de remplir des pages. Larnaudie a fait mieux depuis. Tu crains maintenant d'autres déceptions en fouillant sa bibliographie.

Les Effondrés, Mathieu Larnaudie (2010), Actes Sud, Babel, août 2013, 192 pages, 7€


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Joel Williams est un véritable pensionnaire d'une prison de haute sécurité de Californie et un authentique indien de souche (ce qui n'est pas anodin, sinon tu ne le préciserais pas). C'est aussi un écrivain, qui raconte dans ses nouvelles le quotidien du prisonnier, non pas avec noirceur, mais avec beaucoup de sensibilité, une certaine dose d'humour et de l'auto-dérision. Tu n'attendais rien de ce recueil d'un inconnu mais tu as été emballé par la beauté simple des textes. Une très belle découverte que firent les défuntes éditions 13e Note.

Du sang dans les plumes (Shattered West, Native Tales), Joel Williams (2010), traduit de l'anglais par Natalie Beunat & Patrice Carrer, 13e Note, Pulse, mai 2012, 240 pages, 8€