Au début du livre, Dave Robicheaux pêche en compagnie de sa femme Annie, lorsqu’il aperçoit un petit avion en détresse. Ce dernier s’écrase dans la mer, et l’ancien policier de la Nouvelle-Orléans se porte à son secours. Il en sauve une fillette salvadorienne, qu’il prénommera Alafair, mais arrivera trop tard pour les quatre autres personnes à bord. Incapable de réfréner ses réflexes de détective de la criminelle, il va enquêter sur un des passagers, un homme de main de la pègre néo-orléanaise, qu’il connaissait, et s’attirer bien des ennuis. Son enquête gêne autant la mafia locale que la police fédérale de l’Immigration, dont des gens prêts à toutes les extrémités, pour éviter qu’on fouille dans leurs sales affaires.
Prisonniers du ciel est un roman clef dans la saga Dave Robicheaux. Difficile de le juger (bien que), pour un lecteur qui aurait commencé la série avec son premier volume, La Pluie de Néon (The Neon Rain, 1987). En ce qui te concerne, tu n’as pas lu les romans dans leur succession logique, mais pioché, jusqu’à maintenant, au hasard parmi les titres mettant en scène Robicheaux : L’Arc-en-ciel de verre (The Glass Rainbow, 2010), puis Sunset Limited (1998) et Dans la brume électrique avec les morts confédérés (In the Electric Mist with Confederate Dead, 1993). Il est probable que tu les enchaînera à l’avenir plutôt dans l’ordre de parution (et donc temporel). Mais bref, cela pour dire que tu connaissais déjà bien le personnage d’Alafair, ainsi que les fonctions de Robicheaux au bureau du shérif d’Iberia, qu’il va prendre – temporairement – dans Prisonniers du ciel. Le roman s’attarde beaucoup sur les démons intérieurs de son protagoniste principal, véritable pièce maîtresse du récit. Pas seulement en raison de sa position d’acteur central, et de narrateur. Aussi car l’enquêteur retraité de la police reste encore, dans ce deuxième roman de la série, à explorer, à disséquer. Et il y a matière à, vus ses traumatismes d’ancien du Vietnam, ses problèmes récurrents avec l’alcool, ses obsessions de justice et sa dangereuse propension à vouloir incarner un rôle de justicier.
Le livre ne s’avère pas particulièrement intéressant pour l’enquête qu’il raconte. Robicheaux se révèle plus victime des événements, que le meneur d’investigations réussies aboutissant à l’élucidation de l’affaire. L’intérêt du texte se trouve davantage dans les personnages qu’il met en scène. D’autres volumes de la saga se montrent plus denses en terme de scénario, mais tous ne possèdent pas la profondeur humaine de Prisonniers du ciel.

Prisonniers du ciel (Heaven's Prisoners), James Lee Burke (1988), traduit de l'anglais par Freddy Michalski, Rivages, Noir, mars 2013, 400 pages, 9€