Tout a commencé avec Belém en 2013, roman noir qui dévoilait une affaire de drogue dans le milieu de la jet-set. Puis il y eut Moscow (2014), texte court mais particulièrement rude, voire brutal, mettant en scène la jeunesse délinquante du Pará et montrant ce dont elle est capable (à savoir, à peu près toutes les atrocités). Ensuite, Nid de vipères, en 2015, racontait la violence sanglante d'une jeune femme à l'encontre d'un trafiquant de stupéfiants. Les deux premiers livres, outre la qualité de leurs scénarios, se démarquaient du tout-venant des polars et romans noirs par une écriture sèche, nerveuse, singulièrement direct pour maintenir la tension nécessaire à l'ambiance ténébreuse du récit. Son troisième ouvrage voyait une légère évolution du style, Augusto adoptant totalement le minimalisme vers lequel il tendait déjà. Il ne s'embarrassait pas avec les détails, allant au plus court, au plus efficace. Le résultat s'avérait un peu déstabilisant et tu dois avoir gardé, pour cette raison, un souvenir assez mitigé de Nid de vipères. À la lecture de Pssica, tu n'as pas ressenti la même gêne et tu t'es plongé dans le récit avec d'autant plus facilement qu'il se révèle frappant.
Le roman raconte en effet la disparition d'une adolescente, Janalice, envoyée par ses parents chez sa grand-mère après qu'une vidéo la montrant pratiquant une fellation sur son petit copain a été diffusée sur le Net. Enlevée par un réseau de traite des femmes opérant entre le Brésil et la Guyane, elle va connaître l'enfer de la prostitution. Amadeu, ancien flic et ami du père de Janalice, se lance à sa recherche, malgré les difficultés d'une telle enquête. En parallèle, Edyr Augusto met en scène Manoel, ex-militaire angolais qui vivait une vie de commerçant tranquille jusqu'à l'attaque de son magasin par une des bandes de pirates hantant l'estuaire de l'Amazone. Il réussit à repousser les agresseurs et en abat un. Ces derniers emportent malheureusement sa femme et la découpent en morceau pour punir la mort de l'un d'entre eux. Déterminé à se venger, Manoel se lance à la poursuite des malfaiteurs, qui forment le troisième arc narratif de Pssica, permettant à l'auteur de plonger le lecteur un peu plus dans la fange. Le récit étant parfaitement cohérent, les différents personnages vont évidemment se retrouver interconnectés de telle manière que leurs destins entreront en conflit les uns aux autres. Mais tu n'en diras pas plus…
Ramassée, explosive, violente, cette nouvelle histoire narrée par Edyr Augusto, et brillamment traduite par Diniz Galhos, s'avère aussi bouleversante que les précédentes. Sans doute un des immanquables de la littérature noire de cette année.

Pssica (Pssica), Edyr Augusto (2015), traduit du brésilien par Diniz Galhos, Asphalte, Fictions, février 2017, 162 pages, 15€